Vendredi 23 mars 2012
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Jamais je n'oublierai cette nuit du 22 au 23 mars 1997. Nous nous sommes quittés sur une dernière colère (justifiée en partie de part et d'autre), sur des mots
durs, blessants, à la limite de la méchanceté. Et qu'est-ce que je les regrette ces derniers mots tellement inutiles. Mais sur le moment qu'est-ce que je les pensais ! Aujourd'hui ça me semble
tellement... petit.
C'était un papa formidable. Il nous a offert une enfance dorée, sans soucis. Il nous a ouvert l'esprit sur plein de choses. Toujours prêt à nous montrer comment
bricoler un truc ou un autre. Même à GrandeNièce, qui n'avait que 6 ans, il a laissé de bons et doux souvenirs, pourtant sa "maladie" l'avait déjà bien changé mais pour les petits-enfants il
faisait un effort.
Voilà 15 ans qu'il nous a quittés, 15 ans qu'il ne suit plus nos vies "en direct" mais de là-haut. 15 ans qu'il me manque...
J'espère qu'un jour nous réussirons, nous 4 ses enfants, à re-créer cette grande famille qu'il aimait tant réunir. On essaiera, peut-être que l'on échouera, mais on
aura essayé.
J'arrête cet article ici et laisse la place à Grand Corps Malade qui exprime tellement bien (et mieux) ce que je ressens aujourd'hui.
C'est pas vraiment des fantômes, mais leur absence est tellement forte, qu'elle crée en nous une présence qui nous rend faible, nous supporte.
C'est ceux qu'on a aimé qui créaient un vide presque tangible, car l'amour qu'on leur donnait est orphelin, il cherche une cible.
Pour certains on le savait, on s'était préparé au pire, mais d'autres ont disparu d'un seul coup, sans prévenir.
On leur a pas dit au revoir, ils sont partis sans notre accord, car la mort a ses raisons que notre raison ignore.
Alors on s'est regroupé d'un réconfort utopiste. A plusieurs on est plus fort mais on est pas moins triste.
C'est seul qu'on fait son deuil, car on est seul quand on ressent. On apprivoise la douleur et la présence de nos absents. Nos absents sont toujours là, à
l'esprit et dans nos souvenirs. Sur ce film de vacances, sur ces photos pleines de sourires.
Nos absents nous entourent et resteront à nos côtés, ils reprennent vie dans nos rêves, comme si de rien n'était.
On se rassure face à la souffrance qui nous serre le cou, en se disant que là où ils sont, ils ont sûrement moins mal que nous.
Alors on marche, on rit, on chante, mais leur ombre demeure, dans un coin de nos cerveaux, dans un coin de notre bonheur.
Nous on a des projets, on dessine nos lendemains. On décide du chemin, on regarde l'avenir entre nos mains. Et au coeur de l'action, dans nos victoires ou nos
enfers, on imagine de temps en temps que nos absents nous voient faire.
Chaque vie est un miracle, mais le final est énervant. J'me suis bien renseigné, on en sortira pas vivant.
Faut apprendre à l'accepter pour essayer de vieillir heureux, mais chaque année nos absents sont un peu plus nombreux.
Chaque nouvelle disparition transforme nos coeurs en dentelle, mais le temps passe et les douleurs vives deviennent pastelles. Ce temps qui pour une fois est un
véritable allié. Chaque heure passée est une pommade, il en faudra des milliers.
Moi les morts, les disparus, je n'en parle pas beaucoup. Alors j'écris sur eux, je titille les sujets tabous. Ce grand mystère qui nous attend, notre ultime
point commun à tous. Qui fait qu'on court après la vie, sachant que la mort est à nos trousses.
C'est pas vraiment des fantômes, mais leur absence est tellement forte, qu'elle crée en nous une présence qui nous rend faible, nous supporte. C'est ceux qu'on
a aimé qui créait un vide presque infini, qu'inpirent des textes premier degré. Faut dire que la mort manque d'ironie.
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