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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 21:05

J'ai souvent entendu plein (mais alors vraiment tout plein) d'âneries sur le pourquoi du comment je suis devenue paraplégique et aujourd'hui j'ai envie, ou besoin, de le raconter. Alors non je n'étais pas ivre-caque au volant d'une voiture (la plus courante celle-ci), je n'étais pas non plus au guidon d'une moto.

 

C'était en novembre, il y a 13 ans moins quelques heures.

 

Une nuit de novembre tout à fait normale. Glaciale ! En rentrant du travail j'avais même failli m'envoyer dans un champ en contre-bas grâce à une plaque de verglas. Mais non ma fille, c'est pas ton heure ! Attends encore 9 petites heures, ça va viendre.

 

A cette époque-là j'habitais, avec mon ex, dans un ancien moulin agricole. Pour aller chez le premier voisin il fallait traverser la rivière, pour le 2e c'était la rivière ET la voie de chemin de fer. Un hameau isolé, loin des premiers villages. Oui bon, aussi loin que puisse se situer quelque chose en Suisse, on est d'accord.

 

C'était un jeudi soir, le lendemain y'avait boulot, 22h dodo. Normal quoi. Pfiouuu je savais aller me coucher en 1998 lol ça a bien changé. Y'avait pas internet, seulement une quinzaine de chaînes télé (en comptant les nationales suisses allemandes et tessinoises hein)... ça aidait !

 

Bref. Dodo. Et 4h du mat : BOUM ! Euh.... mais c'est quoi ce bordel ?

 

Réveil dans un endroit légèrement dantesque, des flammes, du froid, je lève un peu la tête : plus de maison. Seulement c'est la seule que j'ai réussi à bouger. Le moulin avait explosé. Moi avec. Notre chambre étant au 2e étage, vol plané d'autant. Atterrissage sur et sous les décombres.

 

Suite à l'enquête nous avons compris ce qui s'était passé.

 

A côté de la maison, sous la route, passait une conduite de gaz. Sur ladite conduite était installée une vanne à côté de la maison. Normal. Sauf que sur cette route ont passé environ 800 camions par jour pendant une vingtaine d'années ! Au fil du temps la vanne s'est fragilisée, s'est fissurée et au premier gel le gaz a été là où il pouvait, à savoir dans la cave. Il s'y est concentré et quand la chaudière à mazout s'est mise en route tout à fait normalement (il faut une étincelle pour qu'une chaudière s'allume)... BOUM !

 

Résultat du feu d'artifice : 5 vertèbres cassées, 1 lésion de la moëlle épinière et un constat => Roule ou crève ma grande. J'ai choisi de rouler même si il y a des jours où.... mais ils sont assez rares.

 

Non parce qu'au final ma vie n'est pas si moche que ça. Ok y'a des impératifs santé dont je me passerais allègrement, des conséquences un peu casse-pompe (voire même beaucoup), des attitudes de certaines personnes qui sont blessantes, des regards de pitié qui saoûlent.

 

Mais à côté de ça je n'ai aucun soucis matériel (merci gentil employeur de m'avoir hyper bien assurée et papa-maman tout autant), il y a des gens que je n'aurais jamais connu, un appartement que je n'aurais jamais acheté, un chien qui ne m'aurait pas rejoint, des voyages que je n'aurais pas fait. J'aurais peut-être fait d'autres choses, mais déjà rien que celles-ci me rendent heureuse.

 

Voilà, je crois qu'il était temps que je raconte cette nuit qui a marqué la fin de la vie telle que je la connaissais et fait débuter une autre.

 

Ce n'était pas ce dont je rêvais quand j'étais ado, loin de là, mais au final c'est "pas si pire" .

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Aurelie - dans Handicap
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commentaires

Bourgeois 12/01/2012 21:09


Bonjour. Je suis Carole Bourgeois, journaliste pour le magazine Faire Face, le
mensuel des personnes ayant un handicap moteur et de leur famille, édité par l'Association des paralysés de France. Je cherche des témoignages sur les différentes réactions des personnes en
situation de handicap face à une situation d'inaccessibilité. Si vous acceptez de répondre, voici donc mes questions :


Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation d’inaccessibilité (dans les transports, dans un lieu culturel ou une administration) entraînant
une cascade de conséquences (retard, stress, impossibilité de mener votre projet du jour à terme, malaise physique…)?


Quelle est, en général, votre réaction : entrez-vous dans une profonde colère ou paniquez-vous ?


Faites-vous preuve d’une réactivité jusqu’alors inconnue de vous-même ou  perdez-vous vos moyens ?


Je vous précise que je respecte l’anonymat s’il est souhaité, je fais relire l’article avant parution et je vous enverrai un magazine après
parution.


Merci pour votre collaboration.


Carole Bourgeois


Journaliste


Magazine Faire Face, le mensuel des personnes


ayant un handicap moteur et de leur famille


04 67 44 68 20


06 75 66 92 32

gilda 28/11/2011 09:50


Difficile d'écrire quelque chose après la lecture de ce récit.


Je n'ai jamais fait de suppositions sur la raison de ton handicap, car pour moi une seule chose est sûre : ton sourire est une lumière à lui  tout seul...même s'il peut être voilé dans les
moments durs.


Et quand je pense à toi, souvent, c'est avec une IMMENSE tendresse...

pinatcreaguilea 27/11/2011 16:46


Bonjour aurélie...On ne se connait pas encore pour de vrai (mais j'espère bientôt quand même) et je suis très touchée par ton post. Touchée par les explications, touchée par ce qui s'est passé,
et surtout touchée par ton optimisme, ta vitalité, ta force et ton enthousiasme . Je dis souvent que j'attaque ma
deuxième vie et que plein de choses sont possibles aussi et quand je te vois "Championne du monde Agility avec Arko", ça claque comme une victoire sur tout le reste ;-) Gros bisous. Natalie

Françoise et ses donzelles 27/11/2011 13:56


Tu sais quoi, Aurélie, ce que tu as écrit là, c'est un "article d'utilité publique" ! Il faudrait le faire lire à plein de gens : à tous les pessimistes chroniques, à tous les hypocondriaques, à
certains jeunes un peu raplapla avant même d'avoir bougé le petit doigt et.... à tous ceux qui, occasionnellement, ont un coup de mou (moi la première, parfois !!!!! ). On ne se connaît pas en vrai, mais je suis heureuse de t'avoir rencontrée ici... et j'espère bien qu'on finira pas le faire de visu !
Gros bisous


PS : je laisse "Françoise et ses donzelles" pour encore...... une semaine  !!!! Après, le donzellito va venir
modifier tout ça !

Rose-Marie 27/11/2011 00:55


chère Aurélie,


C'est beau et horrible en même temps. Je t'admire beaucoup, au point de vue force de caractère et sur le plan de l'agility !!! C'est dur à dire mais les gens qui on vécu un drame, en ressorte
tellement fort et leur personnalité change et évolue , que cela en vaut presque la peine. Et comme tu dis, tu n'aurais pas vécue tout cela et tu ne saurais pas NOTRE Aurélie sans cela !!! et on
t'aime tel comme tu es !!!


Désolé si parfois on fait une gaffe et on te blesse sans le vouloir, dis le nous !!!


 


Alors voilà, reste comme tu es !!! Profite un max de la vie !!! et je te souhaite tout le bonheur du monde !!!!


 


gros bizoux et à tout bientôt


 


Rose-Marie

Aurelie 27/11/2011 01:15



C'est très rare que les gens que je connais un minimum me blessent (et si c'est le cas ils le savent tout de suite ).


Pis tu vois, c'est des gens comme toi, Christine ou Cynthia que je suis heureuse d'avoir rencontré indirectement grâce à cet évènement. Vous êtes juste des copines en or qui n'ont jamais fait
attention à mes 4 roues (ou qui ne me l'ont jamais fait ressentir en tout cas).


Bisousss


 



Cynthia 26/11/2011 23:18


Je connaissais cette histoire parce que tu me l'as racontée. Tu me l'as racontée parce que je t'ai demandé de me la raconter une fois. Si j'oublie souvent que tu as un handicap c'est parce que tu
nous as habitués à croire que, pour toi, rien n'est impossible mais tu fais bien, je crois, de nous rappeler qu'il y a un "avant" et un "après" et que l'acceptation de cet état de fait ne va pas
"de soi".

Aurelie 27/11/2011 01:04



C'est pas un sujet tabou pour moi, loin de là. J'en parle facilement du pourquoi et du comment c'est arrivé. Mais c'est vrai que je parle moins de ce qui me "grrr". Pis finalement à part certains
endroits et certaines activités bien précis, rien n'est vraiment totalement impossible :-D. Mais je reconnais que parfois il a fallu me pousser pour que je tente la chose.



Christine 26/11/2011 23:05


et mois je t'aurais peut-être pas connue ... bisous Aurélie 

Aurelie 27/11/2011 00:59



C'est même à 99% sûr. Comme quoi il a eu du bon cet accident ;)