Il y a environ un an (presque jour pour jour en fait, c'était le 13 novembre) j'emmenais Toby, un bouvier bernois, des environs de Pontarlier à Besançon. Une sacrée
équipée quand on ne connaît aucune de ces villes, qu'on est en novembre, qu'il fait râcle nuit et que le chien en question n'a pour ainsi dire aucune éducation (autant dire que quand on a vu la
bête avec la copine, on a décidé qu'il resterait dans la voiture quoiqu'il arrive ! Hors de question que l'une ou l'autre le gère avec la ficelle qui lui servait de laisse).
Ce petit follo n'avait pas eu beaucoup de chance, une maîtresse qui ne voulait pas de lui, un maître qui n'avait pas le temps (ou l'envie) de s'en occuper, un rien fugueur quand les enfants
n'étaient pas à la maison (en fait il allait les chercher à l'école, ce qui n'était pas du goût des autres parents, c'est que c'était un sacré morceau le gaillard). Du coup il a vécu beaucoup de
ses 24 premiers mois à l'attache ou enfermé dans l'écurie. Résultat :un chiot de 6 mois dans un corps d'adulte (50kg passés).
En partant j'ai félicité les propriétaires d'avoir pris la décision de le replacer... au moins ils lui donnaient une chance de vivre autre chose.
Avec nous il a découvert la voiture, le carrelage, les vitres... des choses normales pour la plupart des chiens mais exceptionnelles pour lui de toute évidence.
Le passage de relai et son arrivée à son domicile se sont bien passés... une adoption réussie.
Mais Toby (Tamam pour sa maîtresse, mais pour moi ça sera toujours Toby) avait quand même des séquelles de ses deux premières années de vie. Après plusieurs épisodes d'agressivité et une
consultation chez un spécialiste son cas a été déclaré irrécupérable.
Alors voilà ptit père, au moins tu auras eu 7 mois de bonheur, de vie normale, d'attentions, de calins, de balades et ça c'est le plus important ! Je suis heureuse d'avoir pu contribuer à
t'amener à ta maîtresse qui t'attendait impatiemment, que tu aies pu connaître cette vie normale. Et je suis tellement triste que ton début de vie ait eu ce résultat-là. Quel gâchis que tes
premiers maîtres n'aient pas réagi plus vite, avant de faire tout ces dégâts.
Je n'ai passé que deux petites heures avec ce chien, mais qu'est-ce qu'il m'avait touchée ! Aujourd'hui il est trop tard pour que j'écrive un petit mot à sa maîtresse (il a été euthanasié en
juin, je l'ai appris hier soir) on ne va pas remuer le couteau dans la plaie.



